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Biographie

[GIF] merJeannine David est née à Lyon en 1930. Après deux années de faculté, elle part en Angleterre pour effectuer un stage comme assistante ; elle s’y marie, obtient une licence d’anglais puis, de 1955 à 1985, y exerce en tant que professeur de français. Elle est revenue en France après un « exil » de 43 ans. Elle publie alors ses poèmes d’une excellente structure classique au travers de plusieurs ouvrages : Aquatintes, Instants, Esquisses, réunis aujourd’hui dans ce magnifique recueil, suivi d’un ensemble de récits : Comment t’appellerai-je, petit chat ?

Jeannine David est une authentique poétesse qui se classe parmi les meilleures. Elle allie l’élégance du vers à la beauté des images, la richesse du vocabulaire à la profondeur des sentiments exprimés, le tout enchâssé dans une suite de quatrains, sixains, strophes à la métrique variable, parfaitement bouclés par des chutes donnant sa densité au poème.
 
Gilles Sorgel
   
Le Chardon
 
Hérissé, courroucé, roi des sables, chardon,
En proie aux vents, aux flux, aux démons des marées,
Dans un balancement de touffes azurées,
Tu braves des autans l’invincible espadon.
L’ouragan vient du large, aveugle et sans pardon ;
Contre lui brandissant tes vouges acérées,
Tu sais croire au retour des saisons espérées,
Hors la précarité du précoce abandon.
Le secret t’appartient de l’occulte cohorte
Qui monte de l’abîme et que l’écume emporte,
Et, sans doute, entends-tu, en l’augurale nuit,
D’île en île, tendant ses turbulentes toiles,
L’océan murmurer aux rivages qu’il fuit
Le nom du destrier à l’assaut des étoiles.

Brume de mer

Il brume sur la rade en écume de nacre.
Indistinct, le profil reflété d’un gréement
S’immobilise un temps, puis fléchit faiblement
Du poids d’un fil de brise, offrande à la polacre.
Il brume sur la rade, hommage ou simulacre,
En volutes d’encens ; et Dieu veille uniment
Au double sortilège, auroral et clément,
Que la sterne des mers, souveraine, consacre.
Le glissement sur l’onde et cette aile d’oiseau
Emplissent tout à coup d’un lumineux réseau,
Tel un prolongement de houle tutélaire,
Plus loin, toujours, jusqu’à la rencontre du vent,
La place où tu verras, comme un frisson fervent,
L’égrisé du matin resplendir sur l’eau claire.

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